Le milieu du centre de mon nombril de chien mort dans un robinet

Le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment, nous l'appellerons "bonheur", les mots que vous employez n'étant plus "les mots" mais une sorte de conduit à travers lesquels les analphabètes se font bonne conscience.

30 octobre 2007

XXXXXIV. Poulet a la basquaise

chaplin2

"Ne te crois pas si petit, tu n'est pas si grand"

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08 octobre 2007

XXXIV. Je vous déteste.

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LA VOIX. – Impressionnant.Votre visage.
Un temps.
Votre bouche est pleine de mots trop compréhensibles.
SÈVE. – Ce n’est pas moi.
BILLIE. – Il s’est fait détruire.
SÈVE. – Ma tête me brûle.
BILLIE. – Pire que la première fois.
SÈVE. – C’est pas moi.
LA VOIX. – Pourtant.
JEANNE. – Regarde ça. Ils l’ont piétiné. Ma guitare avec. Bon,
c’est une guitare qui avait vécu, je veux bien. Mais quand. Mais
là. Mais merde.
SÈVE. – Vous avez exactement la voix de quelqu’un que je connais.
LA VOIX. – Impossible.
SÈVE. – La même voix exactement. Quelqu’un que je connais
bien. Il y a une chose en plus. Ma tête.
LA VOIX. – Alors ? Je vous le tends ? Ce miroir? Que vous puissiez
vous voir ? Ou je le pose ici ? Je vous laisse regarder ?
Un temps.
Vous m’entendez ?
Un temps.
Vous m’entendez ?
SÈVE. – Pourquoi ?
LA VOIX. – Pour voir.
Denis entre.
Qu’est-ce que je fais ?
DENIS. – Il est revenu.Vous l’avez trouvé où cette fois ?
SÈVE. – La voix de. Cette voix.
BILLIE. – Je l’ai poussé, là. Il était devant la porte.
DENIS. – Je reviens. Réveillez-le.
Denis sort.
SÈVE. – J’entends votre voix très fort.Très fort. Et puis, tout d’un
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coup, plus rien, vous êtes très loin. Je n’entends plus ce que vous
dites. Presque plus rien.
LA VOIX. – Vous ne dites pas tout.
SÈVE. – Vous lisez dans les pensées ?
LA VOIX. – Je les écoute seulement. Je ne sais pas déchiffrer. Alors
ma question ?
SÈVE. – Ta gueule.
JEANNE. – Lève-toi !
BILLIE. – Il nous entend, je crois. Il parle tout seul ?
JEANNE. – Un effort ! Allez !
Sève se redresse difficilement.
Billie et Jeanne regardent le visage décomposé de Sève.
Sève met toute son énergie à essayer d’ouvrir ses paupières collées par son sang.
JEANNE. – Il va t’arriver quelque chose si tu continues comme ça.
SÈVE. – Mon visage ?
JEANNE. – Il n’y a pas que le visage. C’est noir et bleu tout de
ce côté jusque-là. Pourquoi tu veux te faire du mal comme ça ?
SÈVE. – Ne dis pas ça. Je ne suis pas comme ça.
Denis revient, accompagné par un musicien.
Quand il voit le musicien, Sève se met à hurler.
DENIS. – Calme. Calme, c’est un ami.
PHILIPPE. – Tu peux jouer quelque chose ? Oui et si tu veux on.
Oui, je t’écoute, et puis, on voit.Tu t’appelles comment ?
SÈVE. – Sève.
Sève prononce son nom à voix basse, plusieurs fois, comme pour ne pas l’oublier.
DENIS. – C’est son nom de scène. Il s’appelle Sève. Comme la
sève. La sève qui coule. C’est pas mal. J’aime plutôt bien. C’est
court.
BILLIE. – Sève ?
Un temps.
Sève ?
SÈVE. – Oui.
BILLIE. – Je veux bien que tu fasses un peu attention à cette
guitare.Tu comprends, ce n’est pas une oeuvre d’art mais, une
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guitare, c’est. Ça se nettoie.Avec un chiffon. On en prend soin. Et
puis, il y a des étuis ici. Et les étuis, c’est pas fait pour. Les chiens.
Une guitare, c’est un peu comme.
SÈVE. – Un chien ?
BILLIE. – Non.
SÈVE. – Je peux avoir un verre d’eau ?
BILLIE. – Comme une chose qu’on aime bien. Comme une personne.
SÈVE. – Une personne ?
DENIS. – Tu veux de l’eau ?
BILLIE. – Je veux dire.
SÈVE. – Oui.
BILLIE. – Ce que je veux dire c’est qu’une guitare c’est plus
comme une personne qu’une personne comme une guitare.
SÈVE. – Ah ?
Sève sort d’une de ses poches une plaquette de médicaments.
Il en prend un qu’il coupe délicatement en deux.
Il range la première moitié dans la plaquette qu’il replace dans sa poche.
Il avale la seconde moitié.
Denis lui tend un verre d’eau.
Sève croque puis mâche la moitié du médicament qu’il a dans la bouche jusqu’à en
faire semble-t-il une pâte.
Il avale le tout avec l’eau.
BILLIE. – Parfois, elle vous le rend.
Sève regarde très attentivement autour de lui comme s’il se sentait observé au-delà
du regard des personnes présentes.
SÈVE. – Je veux bien écouter attentivement. Si la guitare veut être
propre, je la nettoierai comme il faut. Il suffira qu’elle me le dise.
C’est ça ?
Sève sort de ses poches une multitude de bouts de papiers.
Il les ouvre, les lit et en choisit un qu’il tend à Billie.
Sève chante :
La Chanson cruelle
Quand je vous ai rencontrée
Vous étiez si belle
Quand vous m’avez rencontré
Vous étiez si belle
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Et je vous ai blessée
Et vos larmes d’orgueil
Vous ont rendue la plus belle
Quand je vous ai caressée
Vous étiez si douce
Quand vous m’avez caressé
Vous étiez si rousse
Et je vous ai frappée
Et vos larmes d’amour
Vous ont rendue la plus douce
Et quand vous pleuriez
Comme si le monde devant vous
S’écroulait
Comme si c’était la fin de tout
Quand vous pleuriez
J’avais le sourire des fous
Car vos larmes rendaient le monde bleu et flou
Car vos larmes rendaient le monde bleu et flou
Quand je vous ai aimée
Vous étiez si pure
Quand vous m’avez aimé
Vous étiez si dure
Et je vous ai quittée
Et vos larmes de sang
Vous ont rendue la plus pure
Et quand vous pleuriez
Comme si le monde devant vous
S’écroulait
Comme si c’était la fin de tout
Et quand vous pleuriez
J’avais le sourire des fous
Car nos larmes rendaient le monde bleu et flou
Car nos larmes rendaient le monde bleu et flou
Car nos larmes rendaient le monde bleu et flou
Car nos larmes rendaient le monde bleu et flou
Un temps.
J’en ai une deuxième.
Il cherche parmi ses bouts de papiers la chanson en question.
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Il la trouve.
Il tend le texte à Billie.
Sève chante :
Ce que je suis.
C’est ma mère qui m’a fait
Et c’est mon père qui m’a fait
Ils m’ont fait ce que je suis
C’est la guerre qui m’a fait
Le ciel en éclair qui m’a fait
Ils m’ont fait ce que je suis
Je connais ma peur
Je connais ma sueur
Je connais mon coeur par coeur
Oh oui, j’ai pris le goût des armes
Le goût des larmes
Goût de malédiction
Je suis un tueur parmi les hommes
Je suis un tueur parmi les cognes
Je tue le jour et la nuit
Je brise l’espace
Je colle et je casse
Je fais sauter le pays d’en face
Ébloui par le sang et les cris
Je connais les fleurs
Je connais leurs parfums
Ces souvenirs qui meurent
Qui meurent comme le goût d’un charme
Le goût d’une femme
Goût de mélancolie
Oui oui oui je suis un homme !
Oui oui oui je suis un homme !
Oui oui oui je suis un homme !
Je suis ce que je suis ce que je suis ce que je suis !
Toujours plus loin jusqu’à la fin
Toujours plus loin et de moins en moins
Y a-t-il quelqu’un pour me pardonner
Derrière le crime y a-t-il une main
Derrière mes crimes y a-t-il quelqu’un
Quelqu’un pour me condamner
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Quelqu’un pour me pardonner
Quelqu’un pour me condamner
Je hisse les voiles
Je mange de la peine
Je mange de la haine
Il n’y aura plus d’escale
Et j’emporte dans ma cargaison
Poison et fusion
Goût de ma damnation !
Oui oui oui je suis un homme !
Oui oui oui je suis un homme !
Oui oui oui je suis un homme !
Je suis ce que je suis ce que je suis ce que je suis !
Un temps.
PHILIPPE. – À travailler. À. Bien. Il faut réfléchir il faut. Non il
y a des trucs à faire. Les textes ont l’air bien.
DENIS. – Pas mal pas mal.
JEANNE. – Oui.
SÈVE. – Je n’aime pas encore tellement ma façon de chanter
évidemment mais ce n’est pas grave mais. De toute façon j’aimerais
bien, j’aimerais mieux que ce soit quelqu’un d’autre qui chante
mes chansons. Et. Mais. J’aimerais bien écrire d’autres trucs aussi.
PHILIPPE. – Un autre style de chanson ?
DENIS. – La voix est bien la voix est bien.
SÈVE. – C’est ça.Vraiment autre chose. Je ne sais pas. De temps
en temps oui.
PHILIPPE. – Comme quoi ?
SÈVE. – Des chansons qu’on comprend seulement si on veut
vraiment les comprendre. Une sorte de langage des objets, des
éléments, des machines, de la matière, de la télévision. Ça me
travaille. Ça me travaille. On pourrait en faire des chansons, sur des
mélodies, des trucs qui tournent, vraiment simples, très simples.
DENIS. – Trop compliqué. Ça c’est un truc qui peut venir après.
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Dans la maison de l'être avec les machines de sang de Gildas Milin

Posté par Umma à 15:39 - Espace vide - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 septembre 2007

XXVIII. L'imagination est un muscle

magritte01

Je parle pas de théâtre assez pour ce que ça représente pour moi. Maintenant , il y a même une petite catégorie pour ça. Celui qui devine pourquoi la catégorie s'appelle comme ça ... Ben sera content d'avoir deviner : )

Indice : Même rapport avec le titre.

Carc , tu vas sur google je te tue avec une plaque de four compris ? Car tu le sais trés bien ...

Posté par Umma à 20:54 - Espace vide - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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